| Le style Yang du maître Tian Zhaolin
Les enseignements tardifs prodigués au sein de l'école Yang de Taiji quan réduisent la pratique de l'enchaînement à mains nues à la seule "grande forme" ( dajia ) codifiée par Yang Chengfu. A la fin de la dynastie Qing, au début du XXe siècle, la technique était beaucoup plus riche et diversifiée comme l'atteste la transmission du maître Tian Zhaolin (1891-1960) qui fut formé non seulement par Yang Chengfu mais aussi par le père de ce dernier Yang Jianhou. La comparaison du Taiji quan de Tian Zhaolin avec la "forme ancienne de Quanyou", que nous enseignons au sein de l'association Shenji ying, confirme que la pratique Yang originelle comportait plusieurs niveaux de pratique, la "grande forme" ne représentant que le premier d'entre eux. L'examen du legs du maître Tian Zhaolin permet une meilleure compréhension d'un art martial occulté par une gymnastique axée sur la recherche du bien-être.
La famille Yang recueille un orphelin
La façon dont le jeune Tian Zhaolin fut initié à la pratique de la boxe Taiji illustre les liens de solidarité qui unissaient autrefois le petit peuple de Pékin auquel, de par ses origines plébéiennes, se rattachait la famille Yang. Le maître Yang Jianhou avait au cours de ses déplacements remarqué ce garçon âgé de treize ans, orphelin de père, qui subvenait seul aux besoins de sa mère et de ses deux sœurs. Impressionné par son sens des responsabilités, Yang décida d'accueillir l'adolescent ainsi que ses proches dans la demeure familiale. En contrepartie de cette générosité, Tian dut consacrer tout son temps libre à la pratique de l'art martial de la famille Yang. A la différence de ce que l'on voit aujourd'hui parmi les adeptes de la "gymnastique Taiji", Tian commença son apprentissage par l'épreuve éreintante de la posture du cavalier, l'apprentissage très rigoureux du premier niveau de l'enchaînement _ chaque erreur était sanctionnée par un coup de la pipe à long tuyau qui ne quittait jamais le maître des lieux _ et des exercices de développement de l'énergie ( fajing ). En grandissant, il eut le redoutable privilège de servir de partenaire non seulement à son bienfaiteur mais aussi à ses fils Yang Shaohou, l'aîné, et Yang Chengfu apprenant, comme c'était le cas à cette époque, en subissant les techniques. Tian raconta plus tard, qu'il lui arriva de devoir rester alité pendant plusieurs mois après avoir subi une prise trop rudement appliquée…
Au début du XXe siècle, Yang Jianhou était instructeur de boxe des pompiers de Pékin ( Beijing shi xiaofang dui ). C'est au sein de cette unité qu'un autre disciple célèbre de la famille Yang, le Mandchou Niu Chunming, reçut des leçons de Yang Jianhou en 1907 (1). Tian quant à lui rejoignit les combattants du feu en 1915 alors qu'il était âgé de 24 ans. Après le décès de Yang Jianhou deux ans plus tard, Tian se rapprocha de Yang Shaohou, continuant à recevoir ses leçons et l'accompagnant dans ses déplacements pour enseigner la boxe. C'est ainsi qu'il se rendirent tous deux à Hangzhou en 1921 où Tian va se fit connaître au cours de plusieurs bagarres mémorables en affrontant le syndicat local des tireurs de pousse puis en résistant efficacement à un groupe de soldats avinés qui voulaient prendre la table qu'il occupait dans une taverne. Véritable dur à cuire, il incarnait ainsi une pratique résolument martiale du Taiji quan dont Yang Chengfu et les disciples tardifs de l'école Yang allaient peu à peu se détacher (2).
Le maître de Shanghai
Au cours des années 1920, Tian retourna à Pékin où il assista Yang Chengfu qui s'affirmait comme le nouveau maître de la famille Yang. Ce dernier popularisa la pratique familiale en diffusant le premier niveau de l'enchaînement et en abandonnant les pratiques plus complexes et parfois violentes qui fondaient la boxe de ses prédécesseurs, son grand père Yang Luchan qui avait transmis son art à des officiers de la Garde impériale et du bataillon Shenji ying, et son père qui avait maintenu tant que c'était possible ce rôle prestigieux d'instructeur militaire. L'héritier de cette dynastie de boxeurs avait compris que l'enseignement professionnel des arts martiaux devait absolument évoluer en touchant les nouvelles classes sociales qui avaient émergé avec la révolution républicaine. Ainsi en s'adaptant aux attentes des classes bourgeoises et intellectuelles, la pratique du Taiji quan se transforma en technique de longue vie _ gymnastique lente et harmonieuse _ tout en continuant à bénéficier de la fantastique réputation d'invincibilité gagnée par le fondateur Yang Luchan (3). Pour faire connaître sa conception du Taiji quan, Yang Chengfu s'attacha la collaboration de plusieurs disciples recrutés parmi la classe intellectuelle qui contribuèrent à former l'image définitive du style Yang. Avec Chen Weiming, il publia en 1925 le manuel technique du Taiji quan ( Taiji quan shu ), avec Dong Yingjie ce fut Méthode des applications du Taiji quan ( Taiji quan shiyong fa , 1931), ouvrage dans lequel apparaît Tian Zhaolin qui pose pour des techniques de lance, et enfin, avec Zheng Manqing et Huang Jinghua, le Livre complet des principes et des applications du Taiji quan ( Taiji quan tiyong quanshu ) qui parut en 1934 deux ans avant sa mort. Dans toutes ces écrits, la pratique de l'enchaînement de la "grande forme" est centrale celle-ci s'adoucissant nettement entre le premier titre, dont les photographies ont été vraisemblablement prises en 1920, et le dernier ouvrage qui allait servir de référence pour le style Yang officiel dit des 85 postures dont le maître Fu Zhongwen fut le grand représentant (4). De son côté, Tian continua à pratiquer le style originel tel qu'il l'avait reçu de Yang Jianhou et Yang Shaohou, formant de son côté ses propres disciples (5). Lors de l'invasion japonaise, sa compagnie de pompier se replia sur Shanghai. Il effectua le voyage avec le Mandchou Chang Yunjie, un adepte de la "forme ancienne de Quanyou", pratique qui, comme on le verra plus loin, puisait également ses racines dans la boxe originelle de la famille Yang. Alors que ce dernier préféra ne pas enseigner publiquement son art, Tian intégra la communauté shanghaienne des arts martiaux devenant rapidement l'une de ses principales figures. Après la guerre et l'instauration du pouvoir communiste, il enseigna dans le parc du Bund (aujourd'hui le Huangpu gongyuan) où il impressionnait les badauds lorsqu'il daignait abandonner le fauteuil depuis lequel il dirigeait la pratique pour "pousser les mains" avec un de ses élèves ou un visiteur intrigué par sa formidable renommée. C'est ainsi que jusqu'à sa mort il fut le principal représentant du style Yang à Shanghai attirant de nombreux passionnés de Taiji quan parmi lesquels le maître Wang Bo qui fréquenta son cours pendant l'année 1957. Malgré sa renommée et son statut incontesté de grand maître du Taiji quan, Tian refusa de participer au développement de cette discipline piloté par Gu Liuxin, alors président de l'Association des arts martiaux de Shanghai, qui fit alors la promotion d'un quasi inconnu, Fu Zhongwen. Ce dernier était un adepte du style Yang qui avait un lointain lien de parenté avec Yang Chengfu (6). Cet ainsi que Tian Zhaolin, un des derniers géants du Taiji quan, fut éclipsé par les représentants du Taiji quan officiel sa pratique singulière n'étant sauvée de l'oubli que par quelques disciples, parmi lesquels son fils Tian Yingjia (1931-2008), et un livre célèbre qui, sans le citer, préserve de nombreux fragments de son enseignement. Chen Yanlin et son manuel de Taiji quan
En 1943 parut à Shanghai un des plus célèbres manuels de Taiji quan qui doit son succès autant à ses superbes illustrations qu'à son contenu exhaustif. Il s'agit du livre de Chen Yanlin (Chen Gong) intitulé Taiji quan, dao, jian, gan, sanshou hebian ce que l'on pourrait traduire par Le livre de la boxe Taiji, du sabre, de l'épée, de la perche et de la séparation des mains . En comparaison des autres ouvrages publiés jusqu'alors, ce manuel était le premier à présenter un éventail relativement complet des différentes disciplines du Taiji quan, le texte abordant encore d'autres aspects qui ne sont pas mentionnés dans le titre tels que les exercices de base, le baduan jin (les huit brocarts) _ un exercice de développement de l'énergie ( jing ) qu'il ne faut pas confondre avec la gymnastique du même nom _ et les "poussées des mains" ( tuishou ). A l'origine, Chen Yanlin eut un co-auteur, Shi Huangtang, le matériel rassemblé dans ce manuel revenant à Tian Zhaolin qui avait approuvé le projet initial de ses deux élèves. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Chen, un adepte de la boxe Shaolin, ne suivait l'enseignement de ce dernier que depuis une année (7). Pour écrire son livre, Chen consulta abondamment son professeur avant d'évincer celui-ci, s'arrangeant non seulement pour apparaître comme le seul auteur mais aussi pour que l'on pense qu'il avait reçu l'enseignement direct de Yang Chengfu ! Bien qu'il fût vivement critiqué dans le milieu des arts martiaux traditionnels pour ce comportement indigne, son livre fut un succès et connu ainsi plusieurs rééditions. Les adeptes européens du Taiji quan connaissent Chen Yanlin et son manuel grâce au livre de la sinologue française Catherine Despeux Taiji quan, art martial et technique de longue vie (Guy trédaniel, 1981) qui en reprend les descriptions de l'enchaînement et de la forme à deux dite "séparation des mains" ( sanshou ) (8). De la même façon, on trouve une description du baduan jin dans l'ouvrage de Jean Gortais dont le maître Li Guanghua s'est inspiré de la même source (9)… On peut donc dire qu'avec Fu Zhongwen et son manuel sur l'enchaînement, Chen Yanlin est devenu un auteur de référence en Occident. Il est donc étonnant de constater que la pratique de Tian Zhaolin demeure méconnue même en ce qui concerne la "grande forme" qui présente quelques différences avec le style officiel, notamment en ce qui concerne la nomenclature, qu'il convient de signaler. Ainsi par exemple et comme on peut le vérifier dans le livre de Catherine Despeux, l'enchaînement s'ouvre sur deux postures "Saisir la queue de l'oiseau", d'abord à droite puis à gauche, avant d'effectuer, après un troisième déplacement des pieds, les manœuvres parer, tirer, presser et repousser. Je citerai encore le fait que les trois parties ne se terminent pas sur la position "Les mains croisées" _ nom qui est donné à la posture désignées ailleurs comme "Enfiler la paume" _ mais sur "Reporter le tigre à la montagne" dont l'exécution se situe juste après la "Fermeture apparente". Toutefois, la principale caractéristique de cette pratique, que ne peuvent révéler ni le texte de Chen Yanlin ni les dessins qui l'illustrent, réside dans la mobilité et la circularité des mouvements. Un raffinement du geste lié à la pratique ancienne et à sa progression en trois niveaux.
Le secret des Treize postures
Dans le texte d'un entretien avec l'un de ses disciples, Tian Yingjia _ le seul fils de Tian Zhaolin à avoir repris le flambeau paternel _ énumère les trois niveaux de pratiques de son style familial : la "grande forme" ( dajia ) ou siping jia , la "forme moyenne" ( zhongjia ) et la "petite forme" ( xiaojia ) (10). Il précise que la première vise à acquérir les bases des mouvements de mains, du regard, du travail du corps et des pas ( shou , yan , shenfa , bu ), la deuxième le travail circulaire de l'énergie "enroulée en fil de soie" ( chansi jing ) et le troisième le "jaillissement de l'énergie" ( fajing ). Reprenant les mots de son père, il précise qu'autrefois le maître Yang Jianhou enseignait la "grande forme" pour initier, la "forme moyenne" pour approfondir et la "petite forme" pour amener dans la voie juste. Cette progression en trois étape se retrouve exactement dans la pratique de la "forme ancienne de Quanyou" ( Quanyou laojia ) avec tout d'abord la "forme du grand accomplissement" ( dagongjia ) qui, significativement, est parfois également désignée par l'expression sipingjia , la "forme souple et mobile " ( rouranjia ) et la forme du jaillissement de l'énergie" ( fajing jia ) (11). De la même façon, le mouvement d'abord ample au premier niveau se resserre progressivement jusqu'à la pratique rapide dont les gestes sont plus concentrés et les postures souvent plus hautes. Que ce soit dans la pratique du style Yang de Tian Zhaolin ou dans celle de Chang Yunjie, on observe la même recherche de la mobilité qui est absente du style Yang classique tel qu'il est démontré aujourd'hui par les chefs de file de cette école. Devenu une fin en soi, l'enchaînement lent du premier niveau comporte alors une recherche de la pesanteur et de la résistance au niveau des membres inférieurs qui en fait un exercice à la saveur différente. Le fait de considérer cette pratique comme représentative de l'art martial de la famille Yang et cela, probablement, pour ne pas remettre en question la légitimité de son codificateur Yang Chengfu, contribue à embrouiller l'histoire du Taiji quan. Des spécialistes tels que Gu liuxin en sont ainsi arrivé à considérer que Yang Jianhou était l'inventeur de la forme moyenne, Yang Shaohou celui de la "petite forme" et, bien sûr, Yang Chengfu celui de la "grande forme". Mais alors dans ce cas, laquelle de ces pratiques reflèterait le plus fidèlement l'art de Yang Luchan, l'ancêtre fondateur? Ma réponse est que seule les pratiques perpétuant la progression traditionnelle qui combine par conséquent ces trois formes peuvent prétendre refléter l'art martial originel, qu'il s'agisse de l'enseignement que Tian Zhaolin reçut de Yang Jianhou ou de celui du maître Chang Yunjie qui préserve l'enseignement de Quanyou, un des premiers disciples de la famille Yang. Il n'existe donc pas une forme figée que l'on pourrait désigner, par exemple, comme la "forme de Yang Luchan" ou la "forme moyenne" de Yang Jianhou mais un ensemble de pratiques dont le but n'est pas d'enfermer l'adepte dans une chorégraphie figée mais, en transcendant le geste et la posture, de parvenir au véritable esprit de l'art du Taiji quan (12). C'est là le secret des "Treize postures", l'énigmatique technique originelle qui ne peut être maîtrisées qu'en passant du grand au petit, de l'ouvert au fermé, du lent au rapide et du codifié au spontané chaque expert traduisant à sa façon ce perfectionnement progressif, ce cheminement, toujours personnalisé, vers la maîtrise. De ce point de vue, les différentes techniques Yang et Wu traduisent soit l'évolution des maîtres qui les avaient codifiées soit leur conception du type de pratique adapté à leur public. Comme le montre le curriculum du style Yang de Tian Zhaolin, cet art martial ne se réduit pas à une pratique standardisée de l'enchaînement _ même lorsque celle-ci est complétée par les "poussées des mains" et le maniement ritualisé de certaines armes blanches_ mais bien à l'ensemble des exercices en solo et avec partenaire qu'il y a plus d'un siècle un jeune orphelin découvrait en transpirant abondamment dans la cour carrée d'une vielle demeure de Pékin.
José Carmona
(1) Niu Chunming (1881-1961) a été l'un des tous premiers disciples de Yang Chengfu, alors que ce dernier n'était âgé que de 19 ans. Formé à l'orthopédie par des médecins italiens, il soigna Yang Jianhou qui souffrait de problèmes aux pieds et fut médecin dans le corps de pompiers où devait par la suite travailler Tian Zhaolin. Après la prise du pouvoir par Mao et jusqu'à sa mort, il transmit le style Yang dans la ville de Hangzhou
(2) Comme il a été déjà signalé, Niu Chunming pratiqua avec la famille Yang dès 1902. Tian Zhaolin fut recueilli par Yang Jianhou vers la même époque. Dong Yingjie ne rejoignit l'école de Yang Chengfu qu'en 1926, et Zheng Manqing, 4 ans plus tard, en 1930. Au début des années 1920 les plus anciens disciples de l'école Yang tels que Niu, Tian ainsi que Li Chunnian, étaient déjà des professeurs renommés qui avaient en outre bénéficié des enseignements de Yang Jianhou.
(3) Yang Luchan (1799-1872), le premier d'une dynastie de boxeurs, était devenu, avec son fils aîné Banhou, instructeur d'arts martiaux des officiers de la Garde impériale puis du bataillon Shenji ying. C'est dans ces unités d'élite qu'il recruta ses meilleurs élèves Wan Chun, Lingshan et Quanyou dont l'association Shenji ying perpétue la "forme ancienne" ( laojia ).
(4) J'ai traduit en français son manuel sur le style Yang qui est en Chine la référence officielle pour ce style. Cf. Fu Zhongwen, Maîtriser le style Yang de Taiji quan , Le Courrier du Livre, 2003.
(5) Une liste des disciples de Tian Zhaolin apparaît dans un livre de Yang Chengfu publié en 1931, Taiji quan shiyong fa . On y trouve les noms de Zheng Manqing _ également présenté comme disciple de Yang Chengfu _ Ye Dami, Yang Kairu, Chong Shoushui, etc.
(6) La physionomie de Fu Zhongwen présentait une certaine ressemblance avec celle de Yang Chengfu. Un des mérites de ce maître est d'avoir permis à deux des fils de Yang Chengfu., Yang Zhenduo et Yang Zhenji, de pouvoir changer d'unités de travail et ainsi quitter l'usine pour devenir instructeurs de Taiji quan dans des écoles des cadres du parti communiste.
(7) Cela prouve qu'autrefois l'enseignement des différents aspects du Taiji quan se faisait simultanément, c'est-à-dire que l'on apprenait dans le même temps les exercices de base et de renforcement, la forme, les poussées des mains, etc.
(8) Il faut noter toutefois que le texte français ne correspond pas à la description des postures que l'on peut lire dans une édition récente du livre de Chen Yanlin. Ainsi, dans celle-ci il est précisé, par exemple, que les deux postures "les sept étoiles et chevaucher le tigre s'effectuent en donnant des coups de la pointe du pied.
(9)Cf. Jean Gortais, Taiji quan, l'enseignement de Li Guang-hua au Courrier du Livre. Li Guang-hua (1914-1977), jésuite chinois installé à Paris avait suivi des études universitaires à Shanghai. Outre l'ouvrage de Chen Yanlin, Li Guang-hua avait semble-t-il fondé sa pratique et son enseignement sur le manuel de Fu Zhongwen, dont l'essentiel est repris dans le titre précité.
(10) Taiji quan tangao wenda , texte dicté par Tian Yingjia et transcrit par Yao Guoqin.
(11) Le terme siping fait notamment référence à la position des jambes arrondies, le genou à angle droit. Les quatre ( si ) parties du corps qui doivent rechercher l'horizontale ( ping ) sont, outre le bassin, les yeux, les mains et les pieds. Il s'agit d'une pratique basse de l'enchaînement qui nécessite la maîtrise de la position du cavalier ( ma bu ) qui apparaît dans la plupart des transferts du poids du corps.
(12) Personne en Chine ne prétend détenir la pratique originelle de Yang Luchan, les pratiques "anciennes" remontant aux générations suivantes, celle des Yang Banhou et Quanyou. Il faut toutefois signaler que le rocker australien Erle Montaigue, pionnier de l'enseignement du taichi à distance et vulgarisateur du "dim mak", prétendait quant à lui avoir reçu cette transmission mythique à Sidney d'un certain Chang Yiu Chun qu'il semble avoir été le seul à connaître et à côtoyer. Erle Montaigue effectua au début des années 1980 un voyage en Chine au cours duquel il rencontra notamment le maître Fu Zhongwen. Le film amateur tourné à cette occasion donne une idée de la pratique de Montaigue à cette époque.
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les pratiques // écrit par José Carmona |
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Le maître Tian Zhaolin (1891-1960)

L'enchaînement à deux ou sanshou

Tian Zhaolin (à gauche) maniant la perche avec Dong Yingjie
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